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Les meilleurs moments de l’Assemblée Générale

Transcription de la vidéo : meilleurs moments de l'assemblée générale Natixis - 3 - Les résultats

Résultats 2012 et du premier trimestre 2013

[Jean CHEVAL - Directeur finance et risques]

Mesdames et Messieurs les actionnaires, bonsoir. L'année 2011 s'était terminée par une crise de liquidités sans précédent pour les banques européennes et les banques françaises en particulier, tandis que l'Europe s'enfonçait dans la récession. En 2012, l'environnement macro-économique européen dans lequel Natixis a évolué n'a pas changé. La crise s'est incrustée. Le PNB de la zone euro a baissé de 0,5 % par rapport à 2011, tandis que le PNB de la France est resté stable. L'environnement financier est resté contrasté avec une forte détente des taux d'intérêt en début d'année, grâce aux injections de liquidités de la Banque Centrale européenne, suivie de nouvelles tensions, avant que l'intervention du président de la Banque Centrale européenne fin juillet, promettant de tout faire pour sauver l'euro, ne parvienne à normaliser les marchés au second semestre. Le marché boursier en a alors également bénéficié. Enfin, l'environnement réglementaire a continué à se durcir, l'échéance de la mise en place effective de Bâle 3 continuant de se rapprocher. En fait, la plupart des institutions bancaires, notamment en Europe, ont anticipé cette mise en place.

Dans ces conditions, votre société a cherché à remplir quatre objectifs. D'abord, préserver au mieux ses franchises clientèles, ses fonds de commerce, tout en veillant à contenir l'inévitable montée du coût du risque dans le contexte de récession que je viens d'évoquer. Deuxième objectif, maîtriser la croissance de ses charges à travers la mise en place d'un programme d'efficacité opérationnelle, ceci tout en investissant de manière très sélective dans des métiers porteurs d'avenir. Troisième objectif, limiter dans un environnement contraint la consommation de ressources rares, la liquidité et les risques pondérés. Enfin, renforcer sa structure financière avec l'objectif d'être au-dessus de 9 % en Core Tier 1 ratio de Bâle 3 à la fin du premier 2013.

Comment ceci s’est traduit dans le compte de résultats ? Vous voyez que le PNB, hors intérêts versés sur les P3CI, a crû de 3 %. C'est une performance solide compte tenu du contexte. Vous voyez que les métiers cœurs de Natixis que vient d'évoquer Laurent Mignon, la banque de grande clientèle, l'épargne et les services financiers spécialisés, ont eu une croissance de 3 % également. Les charges ont crû de 5 %, mais à change constant et hors augmentation de la fiscalité, cette hausse a été limitée à 2,5 %. Qui plus est ces 2,5 % masquent deux réalités très différentes. D'un côté, la poursuite de l'investissement dans la gestion d'actifs à l'international ; de l'autre, une parfaite maîtrise des charges dans le reste du périmètre, ceci ayant été permis par la mise en place du plan d'efficacité opérationnelle. Au total, le résultat brut d'exploitation baisse, toujours hors coût des intérêts sur P3CI, de 4 %. Le coût du risque, dans l'environnement que j'ai décrit, s'accroît de 47 %. J'y reviendrai dans un instant. La contribution des CCI, les certificats coopératifs d'investissements, baisse de 22 % en ligne avec la baisse du résultat net part du groupe du groupe BPCE. De sorte que le résultat avant impôts s'inscrit à 1,614 milliard d'euros, en baisse de 14 % hors intérêts sur les P3CI. Les impôts ont diminué à peu près du même ordre de grandeur.

Ce qui fait que le résultat net part du groupe, hors gestion active des portefeuilles cantonnés, s’est inscrit à 1,156 milliard d'euros, soit une baisse de 18 %. La gestion active des portefeuilles cantonnés, les coûts de restructuration et les activités abandonnées ont été gérés activement en 2012 et ont entraîné une contribution au résultat légèrement négatif à hauteur de moins 15 millions, en baisse de 80 % par rapport à 2011. Au total, le résultat net part du groupe, en excluant tous les éléments non opérationnels, s’est inscrit en baisse de 15 % à 1,141 milliard d'euros. Le ROTE, le return on tangible equity, c'est-à-dire ce qui rapporte le résultat net part du groupe à la valeur des actifs comptables dont on a déduit à la fois les immobilisations incorporelles et les survaleurs, ce retour sur les capitaux propres, si je puis dire, s'inscrit à 8,1 % contre 10,4 % en 2011.

Si je tiens compte des éléments non opérationnels, le plus important d'entre eux relève de la réévaluation de la dette senior propre. Vous savez que ceci est un traitement comptable un peu contre-intuitif, mais quand la perception par le marché de la qualité du crédit de votre entreprise se détériore, la règle comptable veut que l'on constate un profit dans nos comptes. C'est ce qui s'était passé en 2011. Quant à l'inverse, quand la perception par le marché du crédit de votre entreprise s'améliore, nous avons à enregistrer une perte. C'est le cas pour 2012. Vous voyez que cet impact est important puisqu'il est de moins 352 millions d'euros, ce qui fait un effet par rapport à 2011 de près de 600 millions d'euros de différence. Nous avons continué à déprécier la dette souveraine grecque à hauteur de 17 millions d'euros, pour solder cette exposition. Au total l'impact sur le résultat avant impôts est négatif de moins 330 millions, alors qu'il avait été positif en 2011 de 30 millions. Ce faisant, le résultat net part du groupe publié s'inscrit à 901 millions en 2012.

Je vous ai parlé de l’environnement économique extrêmement dégradé, notamment en Europe. Cela n’a pas été le cas dans le reste du monde. Aux Etats-Unis, l’activité a été relativement satisfaisante et elle est restée soutenue dans les pays émergents, mais votre société est encore très orientée vers les marchés européens et elle a donc subi de plein fouet la dégradation de l'environnement économique. Vous voyez que le coût du risque s'est inscrit à 43 points de base en moyenne en 2012, à 43 points de base de l'encours annuel moyen des crédits. En 2011, le coût du risque était de 23 points de base. Nous sommes donc passés de 23 à 43 points de base. Si l'on exclut la dépréciation sur la dette souveraine grecque en 2011, nous sommes passés d'un coût du risque trimestriel de 46 millions d'euros à 83 millions d'euros en 2012.

Comment se sont comportés les métiers cœurs ? Je vous ai dit à l'instant que nous avons cherché dans cet environnement difficile à conserver nos franchises, nos fonds de commerce, et ceci dans tous les métiers où nous sommes impliqués. Pour ce qui est de la banque de grande clientèle, vous voyez que le produit net bancaire a pratiquement été stable, à 2,829 milliards d'euros contre 2,847 milliards d'euros en 2011. C'est une très belle performance dans l'environnement difficile que je viens d'indiquer. Ceci l’est d'autant plus que nous l'avons fait avec une diminution de la consommation de liquidités de 15 % et une diminution de la consommation de risques pondérés de 12 % entre le 31 décembre 2011 et le 31 décembre 2012.

Les métiers de financement ont eu un PNB en diminution de 6 %, qui a été affecté par la baisse des encours, mais la diversité des activités et la révision des marges ont toutefois permis de limiter la baisse à 4 % pour le PNB des activités de financements structurés. Les revenus des activités de marché ont été pour leur part en progression de plus de 10 % par rapport à 2011. Ce résultat a été essentiellement tiré par les activités de taux qui ont bénéficié de la bonne dynamique de la plate-forme de dettes qui a été couronnée de succès dans ses émissions obligataires en faveur des institutions financières et des entreprises. Le retour sur les fonds propres qui ont été mobilisés dans cette activité de la banque de grande clientèle a légèrement diminué. Il est passé de 11,6 % à 8,9 %, tandis que la dégradation du coefficient d'exploitation a été contenue puisqu'elle est de moins de 1 %.
Dans le métier de l’épargne, la croissance du PNB a été de 9 %. Elle a donc été très satisfaisante. Elle s'est accompagnée d'une augmentation similaire de l'augmentation des charges, ce qui fait que le coefficient d'exploitation s'est légèrement dégradé de l'ordre de deux points. Cette croissance a été portée d'abord et avant tout par la dynamique de la gestion d'actifs aux États-Unis, qui a enregistré, dans une année pourtant difficile, une augmentation de la collecte nette qui a permis de compenser en partie la décollecte nette que nous avons subie en Europe. Au total, la masse des actifs sous gestion est passée de 544 milliards d'euros à la fin 2011 à 591 milliards d'euros à la fin 2012, portée par un effet marché, par un effet d'acquisition de nouvelles clientèles, mais également impactée par une certaine décollecte.

Enfin, la croissance des marchés des services financiers spécialisés a été de 4 % avec une situation diverse selon les métiers. Elle a été très dynamique pour les financements spécialisés, notamment dans les activités de crédit à la consommation et l'affacturage, ceci en liaison avec les réseaux des banques populaires et des caisses d'épargne. L'activité a été plus contrastée sur les services financiers avec un développement de l'épargne salariale fort et une bonne résistance de l'activité des paiements, mais un PNB en retrait pour les titres dans un contexte de volume défavorable.

Au total, le RBE des métiers cœurs s’est inscrit en hausse de 2 % en 2012 par rapport à 2011, malgré la poursuite d’investissements dans les franchises clefs.

Dernier point, nous avons renforcé notre structure financière. Vous voyez que parmi les 530 points de base d'amélioration du ratio Core Tier 1 que nous avons obtenus depuis la fin 2008, comme l'a montré Laurent tout à l'heure, 160 points de base ont été générés au cours de l'année 2012. Ce qui a porté le ratio Core Tier 1 Bâle 2,5 de 10,2 % à 11,8 %. Comme je l’ai dit, nous nous sommes mis en position d’anticiper le passage à Bâle 3. Ce passage à Bâle 3 est coûteux. Or activités d'assurance, il représente un impact total d'environ 20 milliards d'euros d'actifs pondérés supplémentaires, dont 12 milliards d'euros pour la banque de grande clientèle et 4 milliards pour la GAPC. Au total, en Bâle 3, le ratio Cor Tier 1 s'est inscrit à 9,2 % à la fin de l'année 2012, en avance par rapport à notre plan de marche puisque je vous ai indiqué tout à l'heure que nous visions à être au-dessus de 9 % à la fin du premier semestre 2013.

Sur la base de ce résultat net part du groupe de 901 millions, quelle est la politique de dividende que nous vous proposons ? De ces 901 millions, il faut déduire les intérêts sur les titres super-subordonnés, ces titres hybrides qui représentent 76 millions. Nous avons donc un résultat distribuable de 826 millions d'euros, résultat net attribuable aux actionnaires. Nous vous proposons un taux de distribution de 37 %, après un taux de distribution de 24 % l'an dernier, c'est-à-dire une somme de 308 millions d'euros, soit un dividende de 0,10 d'euro par action. Ceci représente un taux de rendement de 3,9 % au cours de clôture du 31 décembre 2012, soit 2,55. Il est proposé que la date de détachement du dividende soit le 24 mai et son paiement le 29 mai.

Un mot pour terminer sur les résultats du premier trimestre 2013. Le premier trimestre a été, dans son environnement macroéconomique et financier, semblable à 2012 : une sévère récession économique en Europe et des marchés financiers qui ont continué à être très contrastés. Dans ces conditions, votre société a continué à dégager un produit net bancaire en croissance de l'ordre de 3 % et si l'on excepte les éléments non récurrents, le produit net bancaire est resté à peu près stable. Les charges ont crû de 3 %, mais à taux de change constant et hors effet périmètre, la croissance des charges a été limitée à 1 %. Ce qui fait que le résultat brut d'exploitation s'est inscrit en hausse de 3 % à 584 millions d'euros. La croissance du coût du risque a été maintenue dans la ligne directrice que nous avions indiquée, c'est-à-dire autour de 100 millions d'euros par trimestre. Le chiffre a été de 96 millions pour le premier trimestre de l'année 2013. En conséquence, le résultat net part du groupe s'est inscrit à 324 millions d'euros, pratiquement stable par rapport au premier trimestre 2012 qui avait été favorisé, je vous le rappelle, par l'injection de liquidités de la banque centrale européenne.

Nous avons continué à accélérer les cessions de la GAPC, non seulement au cours du premier trimestre, mais également au cours du mois d'avril et du mois de mai. Ce qui fait qu'au début du mois de mai, nous avons cédé plus de 2,4 milliards d'euros d'actifs de la GAPC. Ceci a contribué à un résultat net part du groupe de 337 millions d'euros, en hausse de 22 % par rapport au premier trimestre de l'année dernière. Hors éléments non récurrents, la hausse du résultat net part du groupe est de 5 %. Le return on tangible equity est passé de 9 % à 10,4 %.

Voilà, Mesdames et Messieurs, la présentation des résultats de 2012 et du premier trimestre 2013.