• Comment soutenir la relance économique en France ?

    #Business
    Published 5/11/21
    Reading 8 Min.

    Un an après le début de la crise sanitaire et la mise en place de soutien massif aux entreprises, le bilan des prêts garantis par l’État (PGE) est un succès. Un signe encourageant à l’heure où l’État et les banques mettent en place de nouveaux dispositifs de relance comme, à partir d’avril, les prêts participatifs soutenus par l’État (PPSE) pour accompagner la relance des entreprises et inciter les épargnants et les investisseurs à contribuer à l’effort national.

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    Décryptage avec trois experts de Natixis : Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management, Patrick Behanzin, directeur retraite et assurances collectives chez Natixis Interépargne et Jean-François Robin, responsable de la recherche CIB

     

    Des dispositifs de soutien plus souples

    Un an après la flambée de la pandémie de Covid-19, la France retient son souffle. Depuis mars 2020, la crise sanitaire a stoppé ou modifié de façon durable l’ensemble des activités humaines susceptibles de propager le virus, tout particulièrement les déplacements et les activités collectives, bloquant sans préavis des pans entiers de notre économie : transports, loisirs, culture, restauration, tourisme.... Les gouvernements et les banques ont réagi avec rapidité et efficacité en déployant un dispositif massif d’aides, dont les prêts garantis par l‘État (PGE). Natixis a par exemple octroyé pour un montant de près de 3 Md€ de PGE auprès de ses clients. Selon Jean-François Robin, responsable de la recherche CIB, « Les PGE, qui restent accessibles jusqu’à la fin de l’année 2021, sont un énorme succès. Alors que la France faisait face à sa plus forte récession en temps de paix avec un PIB en chute de 8,2 %, les défaillances d’entreprises ont été inférieures de 40 % en 2020 par rapport à 2019 grâce aux 130 milliards d’euros distribués à 638 000 entreprises. » Disponibles depuis mars 2020, les PGE ont également vu leur délai de remboursement allongé d’un an. Les entrepreneurs peuvent ainsi les étaler d’un à cinq ans. Ce gage de souplesse garantit une meilleure stabilité pour les entreprises et est nécessaire pour la reprise économique.

     

    Une reprise économique progressive

    Après cette période de blocage, sous réserve de la décrue progressive et continue de l’urgence sanitaire et de la contention du virus et de ses variants, l’année 2021 se profile-t-elle sous de meilleurs auspices ? Les avis divergent chez les experts quant à la rapidité de la reprise. Ainsi, pour Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management, une certaine réserve s’impose. « Nous restons dans une phase de grande incertitude à laquelle on ne voit pas encore d’issue. Les PGE ont aménagé une transition douce mais il n’y a pas eu en France de véritables ajustements comme aux États-Unis où l’emploi s’était effondré et où, maintenant, le redémarrage est spectaculaire. En Europe, on peut craindre que des ajustements soient encore à venir, car les baisses d’emploi ont été très limitées. Selon les dernières prévisions du FMI, alors que les États-Unis et, plus encore, la Chine, ont presque retrouvé leur niveau d’avant crise, la zone euro n’y reviendra qu’en 2022. »

    Selon Jean-François Robin, la reprise est en bonne voie : « Même si nous restons très fondamentalement dépendants de la situation sanitaire, 2021 est différente de 2020. L’économie française est déjà revenue à 95 % de sa normalité, notamment dans les secteurs de l’industrie et de la construction. Tout n’est pas négatif dans le choc que nous avons vécu. Les particuliers et les entreprises ont apprivoisé le télétravail, le digital, la distanciation. Le sous-investissement dans les capacités de production a été compensé par le surinvestissement dans l’informatique : en un an, nous avons gagné cinq ans d’informatisation. L’économie française va probablement fortement redémarrer en deuxième partie d’année, avec un rebond similaire à ce qui s’est passé à la sortie du 1er confinement à l’été 2020. Cette tendance pourra s’accélérer en parallèle des campagnes de vaccination pour assurer une immunisation collective. Tout l’objet des plans de relance initiés par l’Europe et la France, c’est de guider la dépense avec des actions cohérentes pour l’avenir. »

     

    L’épargne des Français en ligne de mire

    Tel est justement tout l’enjeu des plans de relance qui vont prendre la suite du premier soutien apporté par les PGE. L’État et les banques font de leur mieux pour ne pas relâcher leur soutien aux entreprises, amortir le choc et continuer d’investir pour surfer sur la relance tant attendue. Ceci d’autant plus que la crise sanitaire et ses multiples contraintes ont fortement incité à la prudence. « Les Français ont épargné près de 200 milliards d’euros en 2020, contre 100 à 130 milliards en temps normal. Cela représente presque 21 % du revenu brut disponible alors qu’en 2019, ce taux était situé à 15 % : c’est exceptionnel, souligne Patrick Behanzin, directeur retraite et assurances collectives chez Natixis Interépargne. Les livrets réglementaires (livret A et LDD Solidaire) ont ainsi collecté deux fois plus que les années précédentes, soit presque 35 milliards d’euros versus 16,6 milliards en 2019. »

    Que faire de ces « bas de laine », certes réconfortants, car disponibles immédiatement, mais en réalité très peu rémunérés ?  Patrick Behanzin propose une solution : « Si le calendrier vaccinal est respecté avant l’été, les commerces rouvriront durablement. Une part significative de cette épargne additionnelle retenue dans les livrets viendra s’y déverser, et la consommation atteindra sans doute son niveau quasi-normal d’ici la fin de l’année. Mais il faut aussi concrètement orienter ce surplus d’épargne vers le soutien aux entreprises dont le bilan a été fragilisé au moment où elles doivent investir. Dans le cadre des dispositifs de retraite supplémentaire, la loi PACTE a déjà lancé le mouvement en mettant en place les fonds PEA-PME, des fonds actions prioritairement dirigés vers l’investissement long terme dans les PME françaises. » Au titre du soutien au plan de relance, Natixis Interépargne propose à ses épargnants un fonds ISR, solidaire, et labellisé relance : le FCPE Impact Actions Emploi Solidaire. Jean-François Robin complète : « L’avantage de la France, c’est ce supplément d’épargne massif. Nous avons des munitions qu’il faut utiliser à bon escient pour drainer cette épargne vers les bons supports. C’est tout le rôle des banques et des gestionnaires d’actifs comme Natixis qui se mobilise et sélectionne les entreprises viables pour permettre à l’épargne des ménages de soutenir la reprise. Avec un rendement de 2 %, largement mieux qu’un livret A, et une garantie de 30 % de l’État, le lancement des prêts participatifs va compléter efficacement ce dispositif pour soutenir le tissu économique français. »  Munis de l’assurance de l’État, les entreprises et leurs salariés sont appelés à participer à l’effort collectif.

    « Nous avons ainsi les moyens de créer une dynamique très différente, conclut Philippe Waechter. La pandémie nous invite à nous adapter à des environnements nouveaux, ce qui crée notamment une obligation de formation pour chacun. L’État devra accompagner et faciliter ces formations dans des secteurs porteurs comme le développement durable, l’hydrogène, ou les services à la personne. » Les espoirs sont donc tournés vers ces nouvelles mesures financières, qui soutiennent des secteurs clés de l’économie pour relancer au mieux la croissance en France.

     
     
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