• Dynamisme retrouvé pour le marché français des rachats d’actions

    Superposition de deux images illustrant un business center et des personnes travaillant sur des rapports chiffrés
    #Business #Banque de Grande Clientèle
    Publié le 24/11/21
    Lecture 3 Min.

    Depuis la fin du confinement, le marché des rachats d’actions en France connaît une croissance exponentielle. Après un mois d’août 2021 déjà record, marqué par 23 transactions pour un montant record de 1,6 milliard d’euros, septembre a été le mois le plus actif de l’année et des cinq dernières années avec un volume racheté de 2,75 milliards d’euros par 35 émetteurs du SBF 120. Pourquoi un tel engouement pour ce marché ?

    Cédric Richard, responsable, au sein de la division Strategic Equity Capital Markets de Natixis, du corporate broking et de la syndication actions nous éclaire sur les ressorts de ce succès.

     

    La Covid a-t-elle eu un impact sur le secteur des rachats d’actions ?

    La crise sanitaire a eu pour effet de refermer complètement le marché des rachats actions pendant 6 mois, de mars 2020 à septembre 2020. L’État français a conditionné très tôt les octrois de PGE et de mesures de chômage partiel à l’arrêt total des rachats d’actions et du versement de dividendes par les entreprises.

    La Banque centrale européenne (BCE) et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) ont également exhorté les établissements bancaires et assurantiels à « la prudence » sur leur politique de distribution : après avoir annulé la distribution de dividendes 2019 payables en 2020, les banques n’ont repris une distribution partielle qu’en 2021, sous certaines conditions.

     

    Comment expliquez-vous le rebond actuel ?

    Il s’explique majoritairement par la bonne santé financière des émetteurs ─ certains ayant traversé la crise sanitaire sans encombre, d’autres ayant bénéficié d’un très fort rebond de l’activité post déconfinement─, et par les conditions favorables de financements sur les marchés.

    Enfin, les entreprises souhaitent reprendre des programmes d’actionnariat salarié conséquents pour intéresser davantage leurs salariés à leurs bons résultats et redistribuer aux actionnaires les montants non distribués en 2020.

    L’activité M&A a également favorisé les rachats d’actions : certaines cessions d’actifs, comme SIKA par Saint-Gobain, ArcelorMittal USA par ArcelorMittal en 2020 ou bien UMG par Vivendi ont aussi amené les émetteurs à décider de programmes de rachat exceptionnels.

    Signes que ce rebond n’est pas terminé : avec les dernières annonces de Total (1,5 Md$), Axa (2,2 Md€) et BNP Paribas (900 M€), ce sont 4,4 Md€ de rachats d’actions - c’est-à-dire plus d’un tiers du volume annuel de 2019 - qui ont été annoncés en l’espace d’une semaine par ces 3 seuls émetteurs à l’occasion des dernières publications trimestrielles.

     

    En quoi le rachat d’action est-il une stratégie bénéfique pour l’entreprise ?

    Le rachat d’actions est l’un des outils, avec les dividendes ordinaires ou exceptionnels, de la politique de retour à l’actionnaire d’une entreprise. À la différence du dividende ordinaire, dont le marché attend une grande régularité et évidemment une croissance, le rachat d’actions suivi d’une annulation est adaptatif dans le temps : il est décidé et lancé en fonction de la santé de l’entreprise, de la saisonnalité de ses flux de trésorerie, et peut être stoppé en cas de changement fondamental de la situation de marché (type crise sanitaire) ou si une opportunité de réemploi des fonds plus rentable - M&A, acquisition d’actifs - se présente.

    De la même façon, à la différence du dividende exceptionnel dont la distribution est ponctuelle, le rachat d’actions a un effet positif de long terme sur le cours de Bourse : les actions rachetées et annulées impliquent une relution du bénéfice par action avec pour conséquence un effet positif sur le cours du titre. Selon Patrick Artus, conseiller économique de Natixis, 80 % de la surperformance des marchés américains sur les marchés européens est liée à la pratique active du rachat d’actions, et à la proportion de retour aux actionnaires affectée aux rachats d’actions.  

     

    Comment cette pratique peut-elle intégrer des objectifs ESG ?

    La dimension environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) fait partie de la feuille de route de nos équipes d’origination, sous la responsabilité de Loïc Chenevier, pour la zone France et Benelux. Grâce à leur expertise sur des solutions de rachats structurées ─ qui battent les prix du marché ─, les nouveaux programmes en discussion permettent aux émetteurs qui lancent un programme de consacrer jusqu’à 100 % de cette surperformance au financement de projets à impact ESG. Ces sommes importantes viennent souvent en supplément des montants déjà alloués par les entreprises pour financer de tels projets. Cette approche réconcilie le rachat d’actions, souvent considéré comme un outil financier ne bénéficiant qu’aux seuls actionnaires, avec les missions plus larges de l’entreprise. En France, deux sociétés ont d’ores et déjà réalisé leurs premières transactions de rachat d’actions « ESG impact ».

     

    Focus sur les points forts de Natixis

    • Leader depuis 7 années consécutives dans le conseil et l’exécution de rachat d’actions sur les émetteurs français du CAC 40 et du SBF 120

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    • Une expertise complète, en cash et en dérivés sur les solutions de rachat au sein d’une même équipe, de l’origination jusqu’à la bonne fin de l’exécution
    • Une analyse pointue des besoins du client pour le conseiller notamment sur les meilleures stratégies d’exécution et de communication et aux meilleurs moments.

     

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