• La révolution de l’immobilier : vivre ensemble, agilité et green

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    #EMEA #Transition verte #Digital et innovation #Culture et talents
    Publié le 01/12/20
    Lecture 15 Min.

    L’immobilier est plus que jamais en première ligne des grandes mutations économiques et sociales en cette phase de pandémie liée au covid-19. Sophie Février nous partage sa vision sur les grands enjeux de l’immobilier de bureaux et les nouveaux espaces de travail à imaginer : du one-stop-shop* au re-use en passant par les enseignements de la crise sanitaire.

    Biographie Sophie Février

    Responsable des équipes et activités de la direction immobilière et logistique au sein de l’entité Technology & Transformation de Natixis

    Comment définir la nouvelle entité workplace que vous dirigez ?

    Workplace est au service du Groupe BPCE et doit contribuer au développement de sa stratégie. Quels que soient les enjeux - économiques, business, inclusion, attractivité ou image, nous accompagnons les plans d’action de Natixis et des entités qui constituent la Communauté BPCE**. L’environnement de travail doit être considéré comme un tout. Pour le collaborateur ou le visiteur par exemple, il regroupe à la fois les espaces de travail, le mobilier mais aussi les technologies, les outils, et les services que l’on met à la disposition des équipes. Nous voulons résolument nous placer du point de vue de l’utilisateur pour répondre à tous ses besoins. C’est pourquoi nous avons fédéré les expertises de nos équipes dans les domaines de l’immobilier et des services généraux - métiers historiques de workplace, avec celles de nos collègues des infrastructures informatiques et des outils digitaux. Notre entité workplace a vocation à créer, en quelque sorte, l’Expedia de l’environnement de travail. Pour ce faire, nous mettons en valeur dans notre organisation les savoir-faire de nos experts, et avons créé pour les soutenir une équipe produits et une équipe de gestion de la relation avec les utilisateurs.

     

    Qu'est-ce qui a évolué dans votre métier ? 

    Jadis, quand on organisait une réunion avec dix personnes autour de la table, la salle devait être propre et libre. Si la technologie ne marchait pas, ou si le café avait refroidi, c’était dommage, mais pas forcément très grave. Aujourd’hui, il est courant de tenir des réunions avec une partie des participants en télétravail ou sur d’autres sites, de partager et de modifier des documents en direct. Les utilisateurs sont devenus plus agiles, plus digitalisés, plus pressés, ce qui élève leur niveau d’exigence. Qu’il s’agisse de salles de réunion, d’écrans, de connexions sécurisées, de services de restauration ou d’interventions externes, ils ont besoin de services pleinement opérationnels et intégrés. Nous devons gérer la complexité pour eux afin de leur proposer une expérience très simple avec, par exemple, une adresse mail unique pour prendre en charge toutes leurs demandes. Par ailleurs, ce que nous faisons dans notre métier a un impact sur de très nombreuses personnes. Il faut assumer cette responsabilité et savoir tenir compte des évolutions sociétales et technologiques. Par exemple, aujourd’hui, nous avons les moyens de rendre nos bâtiments moins énergivores, mais aussi, de proposer à nos collègues en situation de handicap un environnement de travail qui leur permet de se sentir bien et d’être efficaces.

     

    Comment avez-vous traversé la première période de confinement liée à la pandémie de Covid-19 ?

    Nous avons été particulièrement sollicités en gestion de crise. Au tout début, nous avons navigué un peu à vue, comme tout le monde, puis nous avons su nous adapter, sans baisse de productivité, et mettre en veille la plupart des bâtiments et des services aux occupants. La mobilisation des équipes de workplace a été très importante et, au plus fort de la crise, tout était opérationnel pour que les bâtiments restés ouverts tournent bien et que les salariés devant y travailler puissent se sentir en confiance. Le confinement a aussi été l’occasion de pousser plus loin notre démarche de digitalisation, par exemple en rendant possible le travail à distance pour nos équipes de l’accueil téléphonique, grâce à la mobilisation de nos partenaires IT. Nous avons aussi amélioré le fonctionnement de nos réseaux de manière globale.

     

    Le déconfinement fut une autre étape…

    Cette étape fut délicate pour tous et les équipes de workplace n’ont pas fait exception. Il a fallu au niveau du Groupe BPCE trouver et distribuer des masques, du gel, mettre en place des protocoles de nettoyage et de restauration adaptés… Et surtout rassurer les collaborateurs. Nous avons d’ailleurs mis en place une application et un chatbot pour répondre aux différentes questions suscitées par le retour sur site. Il y a eu également des expériences très positives qu’il faut absolument faire perdurer, en particulier la gestion et la dématérialisation du courrier, avec la diminution des tournées dans les bâtiments et à terme, peut-être, la suppression des fameuses « bannettes ». L’entretien des bureaux a aussi évolué : autrefois, on ne voulait pas forcément voir ces activités pendant les heures de travail ; désormais, les salariés sont sensibles au fait d’interagir avec les hommes et les femmes qui font le ménage. Il y a un changement de perception très positif, qui va dans le sens d’une meilleure inclusion.

     

    Quel bilan tirez-vous de ces derniers mois ?

    Nous avons pu tous le constater : le télétravail, ça marche ! Nous avons aussi pu aborder des questions importantes : quels sont les bâtiments indispensables ? Où se trouvent nos fonctions vitales ? Quelles sont celles que l’on peut mettre en veille temporairement ? Quels salariés doivent impérativement demeurer sur site ? Ainsi, nous avons pu réduire l’occupation des locaux, faire des économies d’énergie, limiter les risques. Le confinement nous a permis de repenser nos bâtiments et la mobilité de nos collaborateurs entre ces structures. Il nous faut désormais réfléchir aux nouvelles modalités que cela impose.

     

    Est-ce la fin du bureau individuel attribué ?

    On peut trouver important d’avoir son propre bureau mais la tendance est plutôt à se mouvoir dans un système d’intelligence collective. Quand on y réfléchit bien, la journée de travail est une succession de moments : si vous les additionniez tous et que vous donniez l’espace correspondant à chaque individu, il lui faudrait en moyenne 40 m2. Or, en réalité, on n’a pas forcément besoin de s’isoler toute la journée. Pendant la journée, on bouge et on choisit un espace en fonction de ses besoins du moment. Je n’ai pas de bureau fixe, mais je peux m’installer partout, dans des lieux de réunion, dans de petites bulles plus isolées, dans des lieux de détente plus informels. Plus agiles, plus collaboratifs, les nouveaux modes de travail nous offrent une liberté d’organisation plus grande. La routine au bureau évolue. Puisque les collaborateurs peuvent travailler dans de bonnes conditions chez eux comme au bureau, il faut aussi faire la preuve de la valeur ajoutée du travail sur site en proposant des expériences vraiment différenciantes.  

     

    Le secteur de l’immobilier de bureaux doit-il se préparer à de grands bouleversements ?

    Oui, absolument ! L’immobilier est un moyen de transformer la vie dans l’entreprise, ce qui implique que les équipes workplace connaissent bien les différents métiers de la Communauté BPCE et de Natixis afin de les accompagner au mieux dans leurs nouvelles façons de travailler. L’immobilier, c’est aussi un moyen d’exprimer ce que vous voulez être ou incarner, de rendre concrètes des choses abstraites : si vous passez par exemple de 30 % à 60 % de surface collective, vous montrez concrètement l’importance au travail collaboratif. Un immeuble d’entreprise, c’est aussi un média : c’est très visible, vous y apposez votre logo et vous créez une expérience pour ceux qui passent devant ou pénètrent dans vos espaces. Clients, visiteurs, collaborateurs, vous leur transmettez forcément un message. Ce n’est pas du tout anecdotique, surtout lorsque l’on veut également optimiser son empreinte immobilière.

     

    Qu’est-ce que l’empreinte immobilière au juste ?

    L’empreinte immobilière, c’est la consommation et les impacts générés par nos bâtiments et nos structures. Comme pour notre empreinte écologique, il s’agit de se poser la question : combien de mètres carrés utilisons-nous ? Sommes-nous frugaux ou non dans notre consommation de l’espace ? La prochaine révolution qui nous attend dans l’immobilier, c’est le green. C’est une démarche que nous avons déjà entamée : nous avons par exemple remporté deux médailles au challenge Cube 2020, un concours d’économie d’énergie organisé par l’institut français de performance énergétique du bâtiment, avec notre immeuble parisien situé 47 Quai d’Austerlitz l’an dernier. Cette année, nous y participons avec deux autres immeubles : Charenton-Le-Pont et Porto, au Portugal. C’est important de comprendre que pendant longtemps, le green était perçu comme une initiative pour « bien consommer ». Désormais, c’est « comment vais-je moins consommer ». L’ère du « re-use » arrive.

     

    En quoi consiste le concept de « re-use » et comment l’appliquez-vous ?

    C’est tout ce qui nous permet d’éviter de produire des déchets, d’éviter au maximum le gâchis, de réduire notre empreinte carbone. En partenariat avec les équipes RSE, nous sommes en train de faire un inventaire de tout ce qui se trouve dans nos bâtiments et pourrait être réutilisé dans le cadre des futurs emménagements. Prenez un écran : sa fabrication génère énormément de pollution. Le mieux, c’est d’éviter les achats et de disposer des moyens technologiques permettant de le requalifier afin de le conserver plus longtemps. Qu’il s’agisse du mobilier, de l’informatique, des imprimantes, de la papeterie ou encore de la restauration collective, nous devons mener une réflexion autour du moins-consommer. Ce principe d’une consommation plus frugale est capital. La manière dont on s’approprie ou non son bureau en découle automatiquement. La mission de workplace prend tout son sens avec les objectifs du Groupe BPCE en termes de meilleure efficacité. C’est ce vers quoi nous voulons tendre, en tant qu’artisans et garants de l’expérience sur site des collaborateurs en Île-de-France.

    Infographie Article Workplace FR 

     

    * Le one-stop-shop ou guichet unique est un lieu administratif ou commercial regroupant la plupart des services offerts à ses utilisateurs.

    ** La Communauté BPCE regroupe 8 entités avec une diversité de métiers et expertises qui sont au cœur de la transformation du groupe : BPCE SA, Pôle Solutions et Expertises Financières, BPCE Infogerances et Technologies (BPCE IT), Informatique Banques Populaires (i-BP), Informatique et Technologies Caisse d’Epargne (IT-CE), BPCE Achats, BPCE Solutions Crédit, BPCE Services Financiers.

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