• Les meilleures stratégies des conseillers financiers au service des investisseurs

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    #Business #Gestion d'actifs
    Publié le 11/01/21
    Lecture 6 Min.

    BILAN DE L’ANNÉE 2020 : cette année a été une période difficile pour les investisseurs à tous points de vue, plus particulièrement dans le contexte de la crise sanitaire. Quel a été l’accompagnement proposé par les conseillers financiers en France à leurs clients ? Julien Dauchez, auteur du Baromètre des conseillers financiers de Natixis Investment Managers, revient pour nous sur les grandes tendances d’allocation privilégiées par les conseillers financiers.

    Julien Dauchez > Bloc biographie

    Responsable des portfolio consultants au sein de l’équipe solutions - Natixis Investment Managers

    Pourquoi avoir créé le baromètre des conseillers financiers ?

    Le Baromètre existe déjà depuis 4 ans en France. Il a été lancé dans de nombreux pays dont la France, le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie et l’Amérique du Sud. Le Baromètre apporte un éclairage sur les préoccupations et les attentes des conseillers financiers à travers l’étude de leurs portefeuilles. Nous avons également des échanges avec eux pour cerner leur avis sur les risques et opportunités présentés par l’environnement financier. Cette interprétation des portefeuilles est utile à double titre : les conseillers financiers, comme les CGP français, peuvent se comparer à leurs pairs du point de vue du risque ou de la performance de leurs portefeuilles, et être rassurés sur la base des grandes tendances d’investissement du marché.

     

    Quelle évolution avez-vous observé cette dernière année ?

    Avec le contexte marqué des taux bas, les gérants et conseillers financiers étaient déjà à la recherche de rendements attractifs. Ce mouvement s’est accentué en 2020, avec une allocation plus importante faite au crédit dans les portefeuilles.

    De manière plus révélatrice, les actions rentrent dans les mentalités en France, et c’est un changement culturel significatif. Les investissements en actions sont de plus en plus acceptés comme le meilleur moyen de financer un projet de vie à long terme. Cela participe au financement de l’économie et au dynamisme du capitalisme français, et se retrouve dans la composition des portefeuilles modèles des conseillers financiers.

     

    Comment les conseillers financiers ont-ils réagi face à la situation de crise créée par la pandémie ?

    Les conseillers comme les clients finaux l’ont principalement vue comme une « crise sanitaire ». Les portefeuilles ont certes connu des variations de valeur importantes, mais les investisseurs n’ont pas paniqué ou vendu leurs actions, ce qui leur a permis de participer pleinement au rebond très fort des actifs qui a suivi, pendant lequel les actions françaises ont repris près de 35 % en l’espace de six semaines.

     

    Comment les conseillers financiers parviennent-ils à construire des portefeuilles équilibrés ?

    Les conseillers cherchent des sources de rendement qui se posent en alternatives à la gestion obligataire traditionnelle. De nouveaux actifs illiquides comme le private equity ou la dette privée, la pierre papier avec les SCPI diversifiées, ou les produits structurés occupent une place grandissante dans les portefeuilles des conseillers. Nous avons également observé dans une certaine mesure le retour de l’or dans les portefeuilles, en tant que couverture contre le risque de « débasement » * des grandes devises. Les stratégies alternatives liquides recommencent aussi à être sollicitées, après avoir été délaissées ces dernières années. Nous constatons aussi une évolution liée au conseil lui-même. La multiplication de services d’analyse de portefeuilles ou l’usage de robot-advisor libèrent du temps aux conseillers, qui sont plus proches de leurs clients et peuvent davantage les accompagner sur les questions de planning patrimonial.

     

    Quelles nouvelles tendances ont émergé en 2020 ?

    Les deux grandes tendances qui ont marqué 2020 sont les fonds ISR** et les fonds thématiques, qui ont été plébiscités par les investisseurs.

    Concernant les fonds ISR, la vague de l’investissement socialement responsable a submergé la France plus qu’ailleurs en 2020 en raison d’une combinaison de facteurs tant sociétaux que règlementaires, dont la loi PACTE est une excellente illustration. Cette adoption de l’ISR ne s’est pas réalisée en un jour. L’investissement s’appuyant sur des critères ESG a commencé dès les années 2000 dans les pays d’Europe du Nord, préfigurant une prise de conscience grandissante dans le reste de l’Europe au cours de ces deux dernières décennies. L’ESG est devenu une proposition par défaut, que l’on observe dans les portefeuilles des conseillers financiers en France. Ce phénomène semble avoir gagné les Etats-Unis, qui s’y mettent aussi. En Europe, les fonds ISR connaissent un fort essor grâce à la combinaison de la performance extra-financière qu’ils offrent, ainsi qu’à leur excellente résilience pendant la crise de la covid.

    Puis, il y a les fonds thématiques qui ont également été de véritables success stories de l’allocation en 2020. L’économie change et se numérise, les gens vivent différemment en ville, il y a une démocratisation du télétravail… La covid a agi comme un véritable catalyseur de nos modes de vie, de nos façons de consommer et de travailler. Des fonds thématiques sur l’eau ou la robotique accompagnent la société dans la modernité en la finançant.

     

    À quoi devons-nous nous attendre pour 2021 ?

    Les taux d’intérêts restent très bas en raison de l’action accommodante des banques centrales dans le monde. Le faible potentiel de performance des obligations oriente naturellement les investisseurs vers les actifs plus risqués. Dans ce contexte, la diversification et la sélection de titre seront les maîtres-mots de l’allocation en 2021. Les conseillers financiers et leurs clients devront intégrer plus de risque dans leurs portefeuilles pour atteindre leurs objectifs financiers, et la gestion active sera leur meilleur allié pour naviguer dans ces marchés compliqués.

     

    * Risque de débasement monétaire : terme anglo-saxon qui signifie la perte de valeur des monnaies, en raison de politiques monétaires trop accommodantes et d'une planche à billet qui tourne à plein régime.

    ** L’investissement socialement responsable (ISR) : ce type placement vise à concilier performance économique et impact social et environnemental en finançant les entreprises qui contribuent au développement durable dans tous les secteurs d’activité.

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