Transcription de la vidéo : Patrick Artus - Bilan économique 2012

Paroles d'Experts - Patrick Artus, directeur de la Recherche et des études de Natixis

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Bilan économique 2012

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Patrick Artus, directeur de la Recherche et des études de Natixis

[Patrick Artus]

Alors, 2012 sur le plan économique a été marqué par un certain nombre d’évolutions assez importantes : la reprise américaine, qui est due à la fois au redressement de l’immobilier : enfin on voit le redémarrage de la construction aux États-Unis, la remontée des prix de l’immobilier, avec des taux d’intérêt très bas, qui ont aidé. L’aggravation de la crise de la zone euro. Deuxième caractéristique, les taux de croissance à la fin de l’année 2012 sont extrêmement bas, et même négatifs dans tous les pays en difficulté de la zone euro, qui sont pris dans une espèce de spirale dépressive où il y a moins de croissance donc les déficits publics sont difficiles à réduire, donc les politiques budgétaires deviennent plus restrictives et donc il y a encore moins de croissance. Le chômage monte et comme le chômage monte, les salaires baissent, et on voit que ceci fait un deuxième semestre 2012 extrêmement défavorable dans la zone euro. Et puis, peut-être surprise de l’année 2012, c’est le ralentissement assez important des pays émergeants. La Chine, mais aussi l’Inde, le Brésil, la Turquie, la Roumanie, la Corée, enfin de grands émergents à la fois pour des raisons domestiques, comme en Chine, des problèmes de modèle de croissance, comme en Inde, modèle de croissance tiré par les exportations et les coûts du travail très bas qui atteint sa limite, tiré aussi par la faiblesse de la croissance européenne. Et donc c’est quand même une mauvaise année avec une croissance mondiale qui est très en dessous de la croissance dont on avait l’habitude. Et avec cette spécificité que la seule zone, finalement, qui tire son épingle du jeu à part un petit nombre de pays émergents qui restent en très bonne santé comme par exemple l’Indonésie ou le Mexique mais qui sont peu nombreux, et bien ce sont les États-Unis. Tout le reste du monde donne des signes de faiblesse assez graves ce qui fait aussi qu’à la fin de l’année le commerce mondial est plat, il n’y a aucune croissance du commerce mondial ce qui arrive extrêmement rarement quand on regarde les vingt dernières années.

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Quelles-sont les évolutions institutionnelles en 2012 ?

[Patrick Artus]

Ce qui est important aussi pour 2012, c’est la mise en place d’institutions nouvelles en Europe et en particulier dans la zone euro, à un rythme beaucoup plus rapide que ce que l’on pouvait craindre ou ce que l’on pouvait attendre. Je ne crois pas que beaucoup d’analystes ou d’observateurs auraient parié, à l’avance, sur le fait qu’en 2012, la Banque centrale européenne accepterait d’acheter des dettes publiques potentiellement pour des montants très importants, qu’on mettrait en place des fonds européens, avec pour vocation d’acheter des dettes d’Etats en difficulté et de recapitaliser les banques, qu’on aurait le début de ce que l’on appelle l’union bancaire, avec une régulation bancaire européenne, avec des mécanismes de résolution des crises bancaires, et qu’on commencerait à écrire des perspectives à plusieurs années aboutissant à une union politique, une union budgétaire, un budget européen, des émissions communes de dettes. Donc, il y a eu un très gros progrès institutionnel, qui a eu comme caractéristique très importante une très forte stabilisation des marchés financiers, à partir de juillet, la crise de la zone euro se calme considérablement, les taux d’intérêts en Espagne, en Italie, au Portugal, en Irlande baissent énormément, l’euro remonte, les actions remontent, les dettes des banques s’apprécient fortement, ceci avec cette évolution qui est vraiment très nouvelle et que le monde financier n’attendait pas aussi rapidement qui est cette évolution vers des institutions, des mécanismes de soutien aux pays en difficulté, de soutien aux systèmes bancaires en difficulté pour des montants assez importants.

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