Transcription de la vidéo "Trois questions à Laurent Mignon, directeur général de Natixis, à l’issue de la publication des résultats 2016"

[EuroBusiness Media (EBM)] Natixis, la banque internationale de financement, de gestion d'actifs, d'assurance et de services financiers spécialisés du groupe BPCE, publie ses résultats annuels 2016. Vous êtes Directeur général de Natixis. Comment caractérisez-vous ces résultats ? Comment reflètent-ils l'activité et la performance de la société ?

[Laurent Mignon]

Ce sont des résultats solides, avec une année 2016 qui, après avoir commencé difficilement, avec des marchés financiers très agités, s'est bien terminée, avec un très bon 4e trimestre. 8,7 milliards d’euros de PNB cette année, 2 % de croissance par rapport à l'année dernière. C'est une bonne performance, surtout que le dernier trimestre a été fort. Les métiers cœurs ont connu une très bonne croissance, plus de 3 % de croissance. Et là aussi, je crois qu'après un début d'année difficile, ça a montré la très forte capacité de réaction et de développement de la banque. Elle a été portée par le fort développement des métiers de l'assurance, dans le métier de l'épargne, une très bonne performance des métiers de capital markets et de M&A, de fusions-acquisitions, dans la Banque de Grande Clientèle, et puis une très belle dynamique des métiers de financements spécialisés dans notre direction SFS, les Services Financiers Spécialisés.

Tout ça s'est fait avec un coût du risque qui a été plutôt plus faible que l'année dernière, à 34 points de base contre à peu près 36 points de base en 2015 et 38 points de base en 2014, donc une amélioration continue, malgré une tension sur le coût du risque en début d'année avec la crise du secteur « Oil and Gas » [pétrolier] qui avait affecté un peu le début de cette année, mais une fin d'année, bien.

Tout ça se traduit par une très belle rentabilité des métiers coeurs et ça, c'est très important : plus de 13 % de rentabilité des fonds propres normatifs, du ROE [Return On Equity] de ces métiers, 100 points de base de mieux que l'année dernière et pour moi, ça, c'est l'illustration de l'amélioration continue de la rentabilité de nos métiers. Ça se traduit donc par un résultat net retraité des éléments non récurrents, de 1,4 milliard, en hausse de 7 % par rapport à l'année dernière.

[EBM] Vous abordez la dernière année de votre plan stratégique New Frontier qui s'achève fin 2017. Quel premier bilan faites-vous et quelles sont les principales réalisations ?

[Laurent Mignon]

Le plan New Frontier se termine à la fin de l'année 2017, il reste donc encore une année, c'est important de bien la faire. Mais on peut quand même d'ores et déjà dire que c'est un succès, en tout cas à ce stade. Après 3 ans, une très grande partie des objectifs ont été atteints ou alors sont en bonne voie d'être atteints.

Dans les principales réalisations, on peut bien sûr parler du pôle assurance puisqu'une des grandes ambitions du groupe, et Natixis était un acteur important dans cette ambition, c'était de devenir un banque-assureur de plein exercice. Et donc, on a créé un grand pôle assurance au sein de Natixis et on s'est déployé, notamment en assurance-vie, en reprenant, comme vous savez, les affaires nouvelles auprès des Caisses d'Epargne en assurance-vie, avec un programme qui s'appelle assurément#2016 qui a été un très, très beau succès. Donc, ça, c'est le premier point, une très belle réussite dans l'assurance.

Dans le métier de la Banque de Grande Clientèle, c'est le déploiement réussi du modèle qu'on appelle « Originate to Distribute » qui nous permet d'apporter plus de solutions, plus de valeur ajoutée à nos clients, sans mobiliser trop de bilan et qui nous permet d'améliorer  la rentabilité et d'être plus disponibles pour développer nos métiers, avec en point d'orgue, peut-être, le développement du métier de M&A (les fusions-acquisitions) avec l'acquisition de la Banca Leonardo qui est devenue un Natixis Partners et de Peter J. Solomon qui ont été intégrées au cours de l'année 2016.

Dans le métier de la gestion d’actifs, on gère aujourd'hui plus de 830 milliards d'euros. On est un des principaux gestionnaires d'actifs dans le monde. Ça s'est fait grâce au développement organique, de la croissance interne, mais aussi des acquisitions ciblées, notamment celle de DNCA qui a été réalisée au cours de l'année 2015.

Voilà, donc, de très belles réussites.

Il faut citer aussi un des grands objectifs que nous avions, qui était d'établir plus de synergies, plus de chiffre d'affaires avec les réseaux des Caisses d'Epargne et des Banques Populaires. On s'était fixé une ambition pour l'échéance de 400 millions d'euros. On en a fait plus de 340 millions d'euros à la fin 2016, donc on est en avance sur le plan linéaire de cet objectif. Donc, une très belle réussite là aussi.

Enfin, un des derniers axes de notre plan, c'était de devenir une banque plus internationale, de faire une part plus significative de notre chiffre d'affaires hors de France, et c'est le cas. Plus de 50 % de notre activité aujourd'hui est faite hors de France, notamment par l'internationalisation de 2 métiers principalement : l'asset management [gestion d’actifs], bien sûr, et la Banque de Grande Clientèle.

[EBM] De quelle façon les actionnaires de Natixis vont-ils bénéficier des résultats de l'année 2016 ?

[Laurent Mignon]

Comme vous le savez, la stratégie de Natixis est une stratégie caractérisée par une politique qu'on appelle « Asset Light ». Ce qui veut dire en fait que nous générons du résultat sans augmenter la taille du bilan, sans demander plus de capital. Ce qui veut dire implicitement que ce résultat est disponible pour les actionnaires, soit pour faire de la croissance externe, créer de la valeur pour demain en faisant des acquisitions, soit en le retournant à ses actionnaires sous forme de dividendes. On a pris l'engagement de distribuer toujours au moins 50 % du résultat, et les années où on ne fait pas d'acquisitions significatives, plus. En 2016, il n'y a pas eu de projets passionnants sur lesquels nous avons souhaité investir comme on avait pu le faire les années précédentes, notamment en 2015. Et donc, nous allons proposer à l'Assemblée Générale un dividende significatif qui représentera une partie très importante du résultat, 35 centimes par action, et qui, donc, si l'Assemblée Générale le vote, sera mis en paiement au mois de mai.

[EBM] Laurent Mignon, Directeur général de Natixis, je vous remercie.

[Laurent Mignon]

Merci.

Trois questions à Laurent Mignon, directeur général de Natixis, à l’issue de la publication des résultats 2016 [Vidéo]