Transcription de la vidéo : Laurent Mignon - Résultats 2011

Résultats 2011 : interview de Laurent Mignon, Directeur Général de Natixis

[EuroBusiness Media]

Natixis, filiale de banque de financement, de gestion et de services financiers spécialisés du Groupe BPCE, deuxième groupe bancaire en France, publie ses résultats pour l’exercice 2011. Laurent Mignon, bonjour. Vous êtes le Directeur Général de Natixis. Quels sont vos commentaires sur les résultats 2011 ?

[Laurent Mignon]

Ce sont de bons résultats, 1,562 milliard d’euros. C’est une bonne performance dans un environnement qui a été quand même très chahuté, notamment au deuxième semestre 2011. La performance commerciale est bonne, on est à 3% de croissance du PNB - dans cet environnement c’est une bonne performance -, et surtout une performance opérationnelle très satisfaisante avec un résultat avant impôts de 2,241 milliards d’euros, stable par rapport à l’année dernière. Je crois que tout cela est l’illustration de la transformation profonde du business model de Natixis que nous avons opérée depuis trois ans avec le lancement du plan New Deal, et qui trouve aujourd’hui sa traduction dans les chiffres. C’est un modèle recentré sur les clients, moins risqué, qui permet à Natixis de beaucoup mieux traverser la crise que beaucoup d’autres. La conséquence pour les actionnaires de cela, ce sera la distribution d’un dividende de 10 centimes d’euro. Ce dividende sera payé en numéraire et représente à peu près un rendement supérieur à 4% par rapport à un cours de 2.39 euros.

[EuroBusiness Media]

La solvabilité des banques est un enjeu majeur pour le marché aujourd’hui. Où se situe Natixis dans ce domaine ?

[Laurent Mignon]

Oui, effectivement c’est un enjeu très important. On en est conscients et on a entrepris, je crois, des actions extrêmement fortes depuis trois ans pour la renforcer, ce qui nous a permis sur cette période d’atteindre un niveau de solvabilité, de ratio Core Tier One – c’est-à-dire le ratio de fonds propres durs – de 10,2%, en hausse de 370 points de base depuis trois ans, donc un niveau élevé. Comment avons-nous atteint ce niveau ? Grâce à toute une série d’actions importantes que nous avons menées. D’abord la rentabilité, le résultat : en 2010, 2011, des résultats significatifs dont une partie mise en réserve pour assurer cette solvabilité. Deuxièmement, une action forte sur la réduction des encours pondérés, c’est-à-dire le niveau de prise de risque de l’entreprise, et qui est l’illustration du changement de modèle que nous avons entrepris. Cela nous a permis de réduire nos encours pondérés de 64 milliards d’euros, c’est-à-dire près de 40% en trois ans. Et troisièmement une opération importante que nous avions mise en œuvre avec BPCE qui s’appelle l’opération P3CI, c’est un peu technique mais c’est une opération qui permet d’absorber une grande partie des risques portés aujourd’hui par les CCI, c’est-à-dire la participation dans les banques de détail. Donc trois actions importantes, et aujourd’hui un niveau de 10,2% de ratio Core Tier One, je pense l’un des plus élevés de la place.

[EuroBusiness Media]

Sur le plan stratégique, quelles ont été les avancées notables de votre plan New Deal en 2011 ?

[Laurent Mignon]

Tout d’abord ce plan, comme je vous l’ai dit tout à l’heure, nous a permis de mieux traverser la crise. C’est grâce à cela, et 2011 en réalité nous a permis de confirmer le cap que nous avions pris, l’intensifier parfois mais confirmer ce cap qui nous a permis d’être préparés et d’aborder la crise 2011 en meilleur état que si nous n’avions pas pris toutes ces actions préalablement. Cela dit, nous devons continuer, il n’est pas terminé. Nous devons continuer le recentrage de la BFI sur ses clients, avec une orientation moins risquée. Nous allons continuer à travailler sur le modèle qu’on appelle « originate to distribute » en mettant au service de nos clients une palette plus large de services, de financements, d’expertises, et notamment en continuant à regrouper des équipes comme nous l’avons fait sur la plateforme de dette. Dans le métier de la gestion d’actifs, nous allons poursuivre notre politique dite « multi-boutiques », qui nous permet d’apporter des services, des performances fortes, à chacun de nos clients, le tout servi par une plateforme de distribution unique, mondiale, qui permet d’élargir et d’offrir cette palette d’expertises à l’ensemble des acteurs. Ce modèle original nous a permis d’avoir, je crois, de vrais succès en 2011, de collecter 3,7 milliards d’euros dans un marché qui est plutôt en décroissance. Enfin, nous devons poursuivre les synergies avec les réseaux de BPCE, notamment les métiers du pôle Services Financiers Spécialisés. Nous avons un objectif qui est de faire 395 millions d’euros de synergies à fin 2013. A fin décembre 2011 nous avions fait 274 millions d’euros de synergies avec les réseaux ; on doit continuer mais on est déjà sur la bonne route. Le dernier point c’était Coface : nous devions reprendre le recentrage stratégique de Coface, ça y est, c’est terminé, Coface est recentrée sur l’assurance-crédit.

[EuroBusiness Media]

Et enfin pour conclure, quels sont vos grands rendez-vous pour vos actionnaires dans les prochains mois ?

[Laurent Mignon]

Les principaux sont les résultats du premier trimestre qui sont le 9 mai 2012 après bourse, et puis un moment fort, l’Assemblée générale le 29 mai à 15h à Paris, et ce sera l’occasion pour les actionnaires d’approuver le dividende 2011, signe de la solidité financière de l’entreprise et de la confiance que nous avons dans l’avenir.

[EuroBusiness Media]

Laurent Mignon, Directeur Général de Natixis, je vous remercie.

[Laurent Mignon]

Merci.