Natixis fait son cinéma

Natixis Coficiné exerce un métier particulier : elle finance principalement des films, des séries télévisées et des salles de cinéma. Coup de projecteur sur une activité qui représente près d’un milliard d’euros de crédits.

Intouchables, Dix pour cent, Les Bracelets rouges, La Lutte des classes, Oggy et les Cafards, The Night Manager, Timbuktu... Ces films ou séries à succès, diffusés au cinéma ou à la télévision, ont tous un point commun : ils ont été financés au moins en partie par Natixis Coficiné. La filiale de Natixis depuis une vingtaine d'années finance environ 140 films et une centaine de séries par an, dans presque tous les pays d'Europe, ce qui en fait le leader en France et en Europe de son secteur.

« Environ un tiers des films sélectionnés à Cannes sont généralement financés par Natixis Coficiné, souligne Didier Duverger, directeur général. Et nous sommes aussi très bien représentés au festival Séries Mania de Lille, au MIPTV* de Cannes, au Festival du film d'animation d'Annecy, au Festival de Toronto qui rassemble tout le cinéma anglo-saxon... »

 

« De purs banquiers »

Mais que l'on ne s'y trompe pas. Si financer des films, des séries ou des dessins animés peut faire rêver, le métier demande une expertise et un sang-froid à toute épreuve. « Nous sommes de purs banquiers, assure Didier Duverger. Nous sommes de véritables conseillers pour nos clients et travaillons avec des méthodes de structuration et de raisonnement que l'on peut retrouver au sein de certains autres métiers de la banque. » Pas question ici de faire du mécénat. « Nous essayons de ne travailler qu'avec les meilleurs, résume le directeur général. Parfois aussi les plus fous, mais à condition qu'ils soient talentueux et couronnés de succès. » Et, bien sûr, en matière de création audiovisuelle ou de cinéma, chaque œuvre reste un prototype et chaque crédit aussi... Chaque année, l'équipe d'environ 35 personnes accompagne 600 clients et accorde près d'un milliard d'euros de crédits.

La télévision, le piratage et internet font de l'ombre au grand écran

L'évolution récente du marché de l'audiovisuel est marquée par une progression très nette des séries et programmes télévisés, au détriment du cinéma. À l'origine, le grand écran représentait 75 % des encours de crédit et la télévision seulement 20 %. Aujourd'hui, nous ne sommes plus qu'à 60/30 en proportion. Quant aux 10 % restants, ils restent consacrés à la troisième activité de la filiale : le financement de salles de cinéma. Il s'agit, là encore, d'un métier historique de Natixis Coficiné, qui au début des années 1930 a permis l'ouverture du Grand Rex à Paris. Récemment, c'est la création d'un cinéma de six salles qui a été financé à Saint-André de Cubzac, en Gironde. Et de nouvelles salles obscures verront le jour avant l'été à Canet-en-Roussillon et Porto-Vecchio, en Corse.

Depuis une dizaine d'années, l'activité et l'expertise de Natixis Coficiné s'étendent avec beaucoup de volontarisme à l'international. La filiale s'est d'ores et déjà taillée une solide réputation aux États-Unis, au Canada, en Grande-Bretagne, en Espagne, en Italie et dans les pays scandinaves où son savoir-faire est largement reconnu, et développe une activité en Australie, pays où la production d'images est depuis longtemps prolifique.

Repères

  • Tous les ans : 150 films
  • 1 000 heures de programmes télévisuels
  • Près du tiers des films nommés et primés dans les principaux festivals européens
  • Une quinzaine de moyens ou mégacomplexes

 

* Le marché des programmes télé