BREXIT : la dernière ligne droite ?

Après l’accord d’une troisième extension du Brexit jusqu’au 31 janvier 2020, le parlement britannique a voté en faveur d’élections législatives anticipées le 12 décembre 2019. À quoi devons-nous nous attendre ? Découvrez l’analyse complète de Dirk Schumacher, directeur de la recherche macroéconomique européenne chez Natixis.

La victoire majeure du parti conservateur lors des élections britanniques annonce la fin officielle du Brexit.

 

 

Natixis infographie Brexit TimeLine

Une victoire écrasante pour les Conservateurs

Les conservateurs ont gagné une majorité absolue avec l'obtention de 364 sièges après les élections d'hier. Le Withdrawal agreement proposé par M. Johnson aura certainement un écho facilité auprès du Parlement grâce à ce résultat décisif. Le compte à rebours est lancé : le Royaume-Uni va inéluctablement quitter l'Union européenne d'ici la fin janvier.

La prochaine étape du Brexit d'ici la fin 2020 sera la négociation d'un accord commercial entre l'Union européenne et le Royaume-Uni. D'ici là, une phase de transition sera mise en place pendant laquelle aucun changement matériel ne sera appliqué pour maintenir le statut quo actuel. Cette échéance peut sembler très ambitieuse. En effet, des négociations similaires avec d'autres pays ont duré au moins plusieurs années, avant qu'ils ne puissent établir un accord. Il est fort probable que la promesse de M. Johnson de négocier un accord d'ici cette date officielle, qu'il a maintes fois répétée, ne soit difficile à tenir. Par conséquent, le risque d'un Brexit dur à la fin de l'année 2020 persiste.

Devons-nous prévoir un nouveau report d'échéance ?

Il semble, cependant, que cette échéance sera tout simplement prolongée, malgré la volonté marquée de M. Johnson et du parti conservateur de l'appliquer à date. La raison première à cela est que l'Union européenne et le Royaume-Uni n'ont absolument aucun intérêt à se précipiter dans ce gouffre d'ici la fin de l'année prochaine, maintenant que le sort du Brexit est officiellement établi. L'heure est venue de passer aux actes : M. Johnson doit prouver que le Brexit « fonctionne » et que le Royaume-Uni se portera beaucoup mieux hors de l'Union européenne. Cependant, M. Johnson devra certainement se montrer plus flexible que prévu, comme il l'a déjà démontré par le passé. De plus, les résultats solides obtenus lors des élections renforcent nettement sa position au sein du parti conservateur, réduisant considérablement tout risque de révolte de la part de « hardcore » Brexiteers au sein du parti au cas où l'échéance du Brexit serait reportée.

Un marché réanimé

Les marchés ont positivement réagi après ces résultats. Ceci tient plus du fait que les marchés ont anticipé et pris en compte les conséquences liées à un vote alternatif, plutôt que les effets bénéfiques du Brexit pour l'économie britannique. Dans tous les cas, l'incertitude s'est estompée par rapport aux mois derniers, laissant la place à de nouvelles perspectives futures pour le Royaume-Uni. Des reprises positives sont attendues dans les dépenses d'investissement, qui sont restées fixes depuis 2016. Cette dernière, ainsi qu'une forte croissance des dépenses publiques ouvriront certainement la voie à une accélération progressive de l'économie britannique dans les trimestres à venir.